L'invité de la rédaction
Décembre 2005  

Spécial 45ème Salon Nautique de Paris
Interview: Roland Fardeau
Directeur Communication de Jeanneau, Groupe Bénéteau

Le Groupe Bénéteau est devenu en une décennie le numéro 1 mondial de la navigation de plaisance avec des marques aussi prestigieuses que Bénéteau, Wauquier, Lagoon, CNB,  ou encore Jeanneau.  C'est cette dernière marque qui a été choisie par Jean Luc Van Den Heede pour réaliser son nouveau voilier.  La certification des sites de production selon l'ISO 9001 et l'ISO 14001 a été un élément important. Pour l'entreprise des Herbiers en Vendée, 2005 fait figure d'année record. Roland Fardeau fait le point pour nous sur cette formidable Odyssée


Roland Fardeau, 2005 passe pour être l'année record de Jeannneau. Qu'en est-il?

Roland Fardeau : Après avoir connu une excellente année commerciale en 2004 qui confirme la forte croissance mondiale dans le secteur du nautisme, Jeanneau poursuit sa lancée en 2005 dans un marché porteur dans le nautisme. Jeanneau doit son succès grâce à une forte demande dans le domaine des bateaux à moteur luxueux de la gamme Prestige et des grandes unités de plus de 14 m en voile.


Comment tout cela est-il réparti entre voile et moteur?

Roland Fardeau : En chiffres cela se traduit par 2300 unités vendues pour les Hors Bords de la gamme Cap Camarat, Plus de 1000 unités pour les bateaux de pêche Merry Fisher et  plus de 1000 unités pour le haut de gamme Prestige. Pour la voile, le Sun 2000 a atteint 1200 unités et le Sun Odyssey 37 a été vendu a plus de 1300 unités. Des nouveautés sont venues s'ajouter à ces gammes telles que Prestige 42 pour le moteur, le Sun Fast 32i et les Sun Odyssey 39i, 42 DS et 45 Performance pour la voile. A noter que la presse professionnelle nous a récompensé puisque le Sun Odyssey 40.3 a été élu «Boat of the Year» par la revue Cruising World, le Sun Odyssey 35 a été élu «Bateau de l'année : Best production» par le même Cruising World et qu'enfin le Sun Fast 35  a été élu «European Yacht of the Year 2005» par la presse nautique au salon de Düsseldorf.


Cela démontre-t-il que que les bateaux se vendent plus sur les salons
que dans les marinas?

Roland Fardeau : Si la vitalité de la demande ne se dément pas dans un salon, l'achat d'un bateau se concrétise chez un concessionnaire après de longues réflexions et souvent un essai en mer. En effet, Jeanneau est présent dans 30 salons européens où nous présentons dans chaque pays nos gammes de bateaux et principalement nos nouveautés.


La nouveauté est un argument qu'utilisent toutes les marques, mais fait-elle vendre?

Roland Fardeau : Notre force est de proposer 10 nouveautés chaque année où apparaissent de nouveaux matériaux et des éléments facilitant la manoeuvre. Parmi les nouveautés 2005, nous présentons des bateaux avec des hélices repliables sur les voiliers de nos gammes de course - croisière. La gain de vitesse avec une hélice repliable est important, pouvant faire gagner 2 à 4 noeuds (cf Photos).


Qu'est-ce qui vous a permis d'acquérir le Leardeship que l'on vous prête?

Roland Fardeau : L'ensemble des gammes moteur et voile de Jeanneau a su trouver sa place dans une progression tirée, bien évidemment par le succès des nouveautés et des gains de parts de marché sur l'ensemble de ses gammes.


L'aspect régional du groupe, Vendéen de cœur, a-t-il contribué à ce succès?

Roland Fardeau : On a effectivement la plus belle usine de production en Vendée mais, pour des raisons de concurrence très forte des constructeurs étrangers de bateaux de moins de 6 mètres, on fabrique nos petits bateaux à moteur en Pologne à Ostrada. C'est une usine ultramoderne 100% Jeanneau. Le marché de l'Europe de l'est et du nord est très actif ce qui nous permet de livrer nos bateaux en direct d'Ostroda.


Pour arriver à des résultats le "produit" se doit d'être au Top niveau. On imagine une grosse équipe entourée de consultants. Qu'en est-il?

Roland Fardeau : Le Bureau d'Etudes de Jeanneau c'est 25 collaborateurs permanents plus des architectes navals extérieurs français le plus souvent et des Designers italiens. Pour les architectes je citerai Philippe Brillant, Daniel Andrieu, Olivier Petit et pour le Design Vittorio Garroni.


Ce qui souligne la qualité des ingénieurs européens. Comment se fait-il que la France malgré les difficultés de ses chantiers navals soit devenue la première nation au monde productrice de bateaux de plaisance?

Roland Fardeau : Deux bonnes raisons : le secteur Ouest - Vendée est entreprenant et doté d'une main d'œuvre très qualifiée dans nos métiers, ébénisterie, polyester (il existe là des écoles de formation), donc les hommes. Ensuite il y a la pression de la compétition que la France a su développer. A l'origine il existait quelques courses grand public et cela a  été déterminant pour Jeanneau. Je citerais les trimarans  tels le Fleury Michon
de Philippe Poupon, celui de Florence Arthaud ou encore le trimaran de Laurent Bourgnon qui ont été construits par notre marque avec une équipe spécialisée de Recherche et Développement. Ainsi, la course a été un moteur de développement pour les bateaux de série par la suite.


Ce qui confirme que la Vendée n'est donc pas plate mais une véritable «polyester vallée». Et c'est là que Jean Luc Van Den Hedde a choisi de faire construire son nouveau voilier. Comment s'est effectué son choix de voguer sur un Jeanneau de série en polyester alors que son précédent voilier de course avait une coque en aluminium spécialement développée aux chantiers Gamelin?

Roland Fardeau :  Jean Luc a choisi un bateau dans la gamme de croisière Jeanneau car son objectif aujourd'hui, laissant derrière lui les records de tour du monde à la voile et les navigations en solitaires, c'est de faire partager à des passagers le plaisir de la mer. Le Sun Odyssey 52.2, voilier amiral de Jeanneau depuis 10 ans, a retenu son attention. Ce qui l'a séduit dans ce grand voilier  de 15 mêtres, c'est la bonne réputation du bateau et sa qualité de réalisation, deux points sur lesquels il est naturellement très exigeant, et ce d'autant plus maintenant que la sécurité en mer est un atout important pour lui. Jean Luc a aussi été séduit par les gens de chez Jeanneau : amitié, solidarité... des  valeurs que l'on retrouve en mer. Moi qui ne suis pas vendéen je les ai ressenties en arrivant chez Jeanneau. Ça aide à passer les caps difficiles. Le modèle Sun Odyssey a été construit à plus de 300 exemplaires dont 80% sont partis à l'International. Dix années qui n'ont pas toujours été faciles. 


La concurrence est donc si rude dans votre secteur?

Roland Fardeau : Il existe une forte concurrence dans tous les secteurs du nautisme. C'est un Challenge permanent, ça n'a pas été facile tout le temps. Il a fallu faire preuve de rigueur, savoir passer les tempêtes, éviter les chocs pétroliers... Jeanneau est généraliste en voile et moteur ce qui permet de pousser une gamme plus que l'autre selon le moment et les marchés. Pour les bateaux à moteurs de moins de 6 mètres, les concurrents viennent des USA avec une production très importante de modèles Hors-bords transportables. Peu présent sur le marché de la grande vedette de croisière, il y a encore 5 ans, Jeanneau est aujourd'hui un acteur incontournable de ce marché en ayant produit plus de 1000 Prestige depuis sa première présentation en l'an 2000. Un essai réussi et une offre élargie en 2006 avec le lancement de deux nouvelles vedettes haut de gamme sur un marché en pleine croissance : une vedette de 42 pieds et de 50 pieds. Cette dernière, signée Jeanneau et Garroni Design, conjugue à l'extrême espace et élégance, confort et luxe, performances et qualités marines.


Roland Fardeau vous êtes Responsable de la Communication de Jeanneau. Le marketing dans le secteur nautique semble vraiment spécifique. Avez-vous une méthode personnelle, des Consultants en Marketing?

Roland Fardeau : La stratégie, menée par nos équipes marketing divisées en deux pôles, la voile et le moteur, tient compte en priorité de la demande permanente de nos concessionnaires et de nos clients. Il faut savoir qu'un propriétaire de bateau est quelqu'un de passionné tout comme nos agents. Les bonnes idées viennent souvent de leur histoire et de leur souvenirs de navigation. Un port est souvent un lieu d'échanges et de rencontres. Autre composante plus stratégique, un Plan Marketing produit est élaboré sur 5 ans avec une étude clientèle et concurrentielle remise à jour tous les 6 mois. Ainsi, on a modifié nos bateaux qui sont passés d'une configuration "gros temps" vers plus de confort, tout en stigmatisant les lignes des bateaux de course.  Parfois, le dernier jugement est placé sur des sentiments, du Feeling, ce qui est différent du secteur automobile par exemple. On a aussi développé notre image de marque en faisant appel à un cabinet conseil en stratégie et publicité :  Talents Only. 


Propos recueillis par Bertrand Villeret
Rédacteur en chef de ConsultingNewsLine


Pour info :
www.jeanneau.fr
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Roland Fardeau














































































































































Image: B. Villeret, quantorg 2005

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